Christo Bakalov


Né en 1969 à Sofia, Bulgarie, je suis installé Marseille.
Diplomé de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille, je travaille avec les moyens du dessin, de la photographie et du code numérique dans les domaines de l'art visuel contemporain. J'enseigne le dessin et la perspective à École de communication Visuelle, Aix-en-Provence, France.

Travaux récents

série Walking with Redrick Shouhart, art numérique par Christo Bakalov

2014
Walking with Redrick Shouhart

Série de 8 images, technique numérique
Impression directe sur alu Dibond, 36 x 64 cm

série Fragile, art numérique par Christo Bakalov

2014
Fragile

Série de 8 images, technique numérique
Impression directe sur alu Dibond, 36 x 64 cm

série Exodes, art numérique par Christo Bakalov

2014
Exodes

Série de 8 images, technique numérique
Impression directe sur alu Dibond, 36 x 64 cm

série Prospectus, art numérique par Christo Bakalov

2014
Prospectus

Série de 8 images, technique numérique
Impression directe sur alu Dibond, 36 x 64 cm

Démarche

En chacun d'entre nous, il y a comme une ascèse, en partie dirigée contre nous-mêmes. Nous sommes des déserts mais peuplés de tribus, de faune et de flore. Nous passons notre temps à faire prospérer ces tribus, à les disposer autrement, à en éliminer certaines, à en faire prospérer d'autres(...). Le désert, l'expérimentation sur soi est notre seule identité, notre chance unique pour toute les combinaisons qui nous habitent.
Gilles Deleuze et Claire Parnet, Dialogues.
Paris: Flammarion, 2008

Résistance contre une esthétique assujettie aux conventions imposées par le discours commercial. Je cherche alors à emmener le spectateur dans un territoire imaginaire, un lieu loin des stéréotypes publicitaires qui le soumettent. Je l'emmène dans mon anti-monde, à la périphérie de l'errance dont il ne sait quand il reviendra. Il y effectue ainsi un parcours allant de la surcharge à l'épure. Surcharge du monde contemporain asservi au principe d'hyper-consommation, d'accumulation et de gaspillage. Épure de la ligne de fuite, de la réorganisation de ce chaos vers un anti-monde où le rêve américain n'existe plus, est mis à terre. Seuls en témoignent encore quelques débris, ruines d'un système insoutenable. Le territoire dialogue ici avec le spectateur, ce n'est pas un simple décor, un paysage mais un enjeu, travaillé et façonné par les idées et les images que j'emprunte, sous forme de fichiers numériques issus d'images publicitaires, pour les réinsérer ici, transformés, dégradés et ainsi exorcisés de leur destination commerciale première. Multipliées à l'infini jusqu'à saturation, symbole d'un territoire surexploité, empêchant tout mouvement: dialectique impossible, abrutissement du monde médiatique.

Questionnement ontologique à travers un itinéraire. Quelle serait l'identité de celui qui voyagerait à travers ces paysages? A quelle culture s’associerait-il? A celle dont témoignent ici les débris d'architecture encore présents, culture officielle et autoritaire? Ou bien serait-il affranchi des limites ordinaires, de la normalité rigide? Pourrait-il triompher d'un monde trop réel pour se renouveler dans un monde nouveau, prêt à être sans cesse réinventé? Dans cet ailleurs qui semble suspendu dans le vide, trouvera-t-il les rivages, les terres vierges lui permettant de construire son propre espace? Quelle place lui reste-t-il dans cette accumulation, dans cette irrationalité? Aussi, certaines images ont-elles été crées pour laisser cette béance, permettre le voyage vers la pensée autonome, l'indépendance par rapport aux représentations mondaines. Et pourtant ces images sont elles-mêmes proches des clichés impressionnistes, onirisme de l'état idéal, de l'apaisement total. Possible mutation de notre société ou vaine correction? Ligne d'horizon par définition à jamais inatteignable et toujours repoussée.

Christo Bakalov
Janvier 2014